Izza Genini était l’invitée de MAHIR Center dans le cadre de la troisième édition de FEED et elle s’est fait un plaisir de raconter son parcours aux participants du programme.

Cette grande et belle femme, née d’une mère berbère et d’un père subsaharien qui faisait vivre sa famille grâce à la récolte et la vente de fruits saisonniers, était la neuvième enfant et huitième fille de la famille.  

Elle a intégré l’école à Casablanca dans les années trente, étant la seule fille de la famille a y avoir une place. Anne, sa soeur, n’a pas pu s’y inscrire.

Pour Izza, habiter à Casa était un privilège, surtout que dans l’immeuble où elle vivait il y avait des français, des espagnols et des marocains. Tout le monde cohabitait dans le respect des limites de chacun, dans une atmosphère pleine d’échange et de rencontres culturelles. Pour Izza, le respect de l’identité de l’autre passe par la civilisation. 

Son bac en poche, elle débarque à Paris, et commence à travailler pour financer ses études.

Puis l’émancipation de notre invitée atteint son apogée à Paris avec son mariage. Son époux, un homme d’une grande intelligence, lui témoigne un grand amour et un respect illimité. Elle ajoute que vivre entre deux religions est une richesse, une ouverture et une transparence. 

Ensuite Izza a introduit nos participants à plusieurs notions importantes dans le domaine du cinéma:  production, distribution, réalisation. Des notions dont les participants sauront tirer profit, en particulier ceux qui souhaitent avoir une carrière dans ledit domaine.

Elle a insisté sur le fait de se laisser guider par son instinct.  »Les voies du ciel sont impénétrables. Si j’avais réfléchi je n’aurais jamais fait mes films. Je fais confiance à mon instinct.” A-t-elle dit.

A la fin de son intervention, les participants de Mahir Center, brûlants de curiosité, n’ont pas hésité à lui poser quelques questions. Quand on lui demande ce qui l’a toujours marqué au Maroc, elle rétorque que c’est la musique. “La musique marocaine qui me ramène à moi même mais profondément. » Souligne-t-elle. Elle s’est dit fascinée par la capacité des marocains quant au chant, une capacité qui prouve que le Maroc n’a pas de frontières. 

Enfin, quand un participant s’interroge sur le moyen de recréer la cohabitation et l’ouverture qui régnaient sur le Maroc d’avant, elle réplique que cela peut se faire à travers la volonté politique qui vise à reconnaître aujourd’hui sa propre identité marocaine, et à travers les différentes  initiatives pour le vivre ensemble. 

Elle a quitté Mahir center le sourire aux lèvres, le même sourire qu’affichaient nos participants.